UPP a louer
Point de vue

Le Sipa nouveau est bientôt arrivé !

Après l’achat l’année dernière de Sipa Press par DAPD, deuxième agence de presse allemande, et ensuite DioraNews, fournisseur français de contenus pour le téléphone mobile, DAPD bouscule la grande dame AFP en débauchant en succession rapide son directeur commercial, Erik Monjalous, et maintenant son rédacteur en chef, Jean-Luc Testault. Cengiz Seren, l’ancien rédacteur en chef photo de l’European Pressphoto Agency (EPA) a été récemment embauché pour s’occuper de la photo. DAPD négocie également le rachat de la filiale française de l’agence américaine, Associated Press (AP), pour s’assurer de texte en français. Grace à un accord de licence, la nouvelle société SIPA NEWS bénéficiera de la totalité des dépêches mondiales d’AP.

 

Il s’agit de « créer l’agence de presse du XXIème siècle » explique le DGA de SIPA NEWS. En effet, SIPA NEWS proposera un couplage texte et photo de 30 à 40 % moins chères que celles de l’AFP. Monsieur Monjalous explique que le modèle des agences de presse telles AFP, AP, et REUTERS, date du XIXème siècle. SIPA NEWS entend refonder ce vieux modèle en intégrant la révolution du numérique, la multimédia : photo, texte et vidéo, les réseaux sociaux, et la maitrise des couts. La nouvelle SIPA mettra l’accent sur l’instantanéité et ciblera d’abord les supports web et mobiles avant de se préoccuper du papier.

 

Voir l’interview ici sur le figaro.fr

 

Selon Erik Monjalous, les agences traditionnelles se préoccupaient (trop…?) du produit, c’est à dire la communication d’une information correcte, claire et précise, fournie dans les délais aussi rapides que techniquement possible. Dorénavant, il faudra se préoccuper davantage des besoins des éditeurs de presse. « Aujourd’hui, il y a une nouvelle réalité avec les réseaux sociaux qui permettent une circulation de l’information plus rapide, mais il n’empêche qu’on a toujours besoin d’une agence de presse pour une information vérifiée et de qualité », dit-il. Bien que Monsieur Montjalous fasse l’éloge de l’information « vérifiée et de qualité » il insiste sur la rapidité, « nous mettons l’accent sur l’instantanéité ». Je me demande comment on peut réconcilier les deux. Ce que j’entends, c’est de l’information encore plus rapide, en plus grande quantité et, je le crains, d’une qualité moindre. Etre attentif aux besoins des clients, surtout en web et mobiles, voudra dire remplir les tuyaux avec de plus en plus de contenu dont le valeur informatif est médiocre.

 

En attendant ce nouveau cru, SIPA NEWS s’agrandit. Au fur et mesure que les nouveaux journalistes arrivent (l’arrivée de quelques dizaines du service français d’AP est imminent), les journalistes et employés de SIPA PRESS se trouvent déplacés de plus en plus vers le fond de la plateforme Sipa. La communication entre les deux entités semble être au minimum. Les photographes de Sipa Press reçoivent peu de directives et leur charge de travail n’a guère changé depuis que DAPD a pris les choses en main. « C’est comme avant, m’a dit un ancien collègue, il n’y a pas d’élan, on est dans le Twilight Zone. » Certains craignent une nouvelle charrette avant la fin de l’année. Le Sipa Nouveau aura un goût de cendres. 

 

Thomas Haley, reporter photographe, administrateur de l'UPP.


Catégorie : Point de vue | Date de publication : 09/07/2012


Bookmark and Share

Retour aux actualités

Espace adhérents,
identifiez-vous :



mot de passe perdu ?

pas encore adhérent ?
logo SAIF
Media acces